Beaucoup de tristesse à l'annonce du décès de Robert Momeux.
Le souvenir intact de cette journée passée en sa compagnie dans sa maison de Puisaye... modestie, gentillesse, solitude.
Garder en mémoire l'enthousiasme du public à la lecture de ses poèmes, lors du dernier printemps des poètes, à la bibliothèque de Clamecy.
Quelques poèmes parus chez Potentille (2008) en son souvenir :
VEILLEUSE
Elle n’est ni ta gaieté ni ta tristesse. Ni ton silence ni le poème né du silence. Elle n’est ni tes victoires ni ta chute, définitive ou pas. Elle n’est pas ta démesure mais non plus elle n’est ta quiétude, le calme. Elle est étrangère à tes actions autant qu’à ce qui les provoque, elle ne participe pas.
Elle est tout auprès, mais tu l’ignores. Ou plutôt tu devines qu’elle est peut-être, qu’elle pourrait surgir, mais rien ne vous conduit, ne vous destine.
Elle ne pourrait te perdre pas plus qu’elle ne pourrait te prolonger. Elle est de surcroît.
MÉLANCOLIE DES AGRESTES COUCHANTS
Ce n’est pas la noirceur de l’étang
Ce n’est pas l’immobilité
De ces grands arbres nus et sereins
Ce n’est pas l’air
Dans le soir calme poursuivant
Des ondes qui lentement rêvent
Ce n’est pas la première étoile
Pâle qu’on voit à peine
A l’horizon
Ce n’est pas l’ombre qui hésite
Entre les chiens les loups du crépuscule
C’est le silence étonné qui se fait
C’est l’heure c’est son dénuement
Devant l’obscurité énorme qui s’annonce
PAS UN OISEAU ET PAS DE VENT
C’est le silence qui s’étend
Pas seulement du jour solaire
Pas seulement de la nuit nue
Mais celui qui ronge les heures
Celui de la grande étendue
Qui submerge les horizons
Et le sable boit le temps
Avec les pluies des équinoxes
Et il fabrique du silence
Qui dort au plus épais du sol
Un silence qui s’étend
Et qui dure à n’en plus finir
A faire taire les oiseaux
A endormir le vent même
A PARIS LE PRINTEMPS PARFOIS
C’est le jour
Le ciel est immense
On entend des voix
A cause de toutes ces fenêtres
Qui sont ouvertes sur l’azur
Il s’en faudrait d’un rien
Pour que la paix entre tout droit
Et que le temps étouffe ses pulsations
Alors la ville
Baignerait dans le calme
Et une très grande douceur
Nous poignerait le cœur lentement